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L’incompétence au bureau est un thème qui me passionne.

La compétence a beaucoup été étudiée. Beaucoup de livres en gestion de ressources humaines permettent de déterminer les critères de la compétence. Mais l’incompétence… Ca c’est un sujet en or. Mais je pense qu’il n’y a pas beaucoup de littérature sur ce sujet. Et parfois, je tombe sur un article et je le garde précieusement. Cette fois-ci, je décide de vous le faire partager. (L’article vient du Journal du Professionnel)

Deux psychologues de la Stern School of Business de New York, Justing Kruger et David Duning, ont publié une étude sur le comportement de l’incompétent au bureau. Parue dans la Harvard Business Review, cette étude montre comment les personnes incompétentes dans leur domaine professionnel sont toujours les dernières à le savoir. Ne doutant de rien, elles ne se rendent pas compte qu’elles sont objectivement contre performantes et ont tendance, au contraire, à se vanter, à promettre de bons résultats et surtout à se mettre en avant facilement. Ainsi durant un test de compétence logique dirigé par ces deux chercheurs, les plus mauvais n’ayant obtenu que 10 % de bonnes réponses sont 60 % à croire qu’ils ont réussi le teste et qui plus est, prétendent être capable d’obtenir 70 % de réponses correctes !

Pour les psychologues, ce décalage entre incompétence et assurance en soi est un comportement invariable traduisant une incapacité chronique à rester lucide sur sa propre auto-évaluation. D’après eux, c’est justement l’incompétence qui empêche l’individu d’analyser objectivement ses capacités et ses manques. Il tombe alors dans une spirale de production de mauvais résultats qu’il n’assume pas en démontrant, au contraire, une excessive confiance en soi sur ses possibilités. Dans le cas du recrutement, par exemple, ce type de candidat promet facilement monts et merveilles et réussit à obtenir, le plus souvent, un poste dont il n’est pas digne. C’est en quelque sorte la parfaite manifestation de la variante de Dilbert qui dit que :

« Les entreprises affectent les incompétents là où ils feront le moins de dégâts : aux postes de direction. »

A contrario, l’étude montre que les participants ayant obtenu 90 % de bonnes réponses au test sont très modestes et n’estiment n’avoir réussi que 70 % des épreuves. Ce faisant, les « vrais bons » dans la vie professionnelle ont tendance à se sous-estimer au point de manquer d’ambition dans leur carrière. Ils risquent tout simplement de faire passer devant eux les incompétents toujours sûrs d’eux-mêmes !

Ici, on a la preuve que le thème de l’incompétence est souvent peu traité car les chercheurs, ayant atteint des responsabilités, auront toujours peur de se faire traiter d’incompétents car ils ont les postes de direction les plus élevés !!! Ironie du sort, n’est-ce pas ?

Et vous, pensez-vous que vous êtes compétent au travail ? Attention à ce que vous allez écrire !!!

Ou question moins compromettante : avez-vous déjà eu affaire à un incompétent au travail ?